Robert Rodriguez : « Alita est un film de James Cameron qu’il n’a simplement pas eu le temps de réaliser ! »


Le réalisateur revient sur l’adaptation de Gunnm dans Première.

A l’occasion de la sortie d’Alita Battle Angel, projet d’adaptation de manga que James Cameron supervise depuis 20 ans, Première a rencontré le réalisateur Robert Rodriguez, qui a finalement hérité du projet –car le cinéaste est trop occupé par les suites d’Avatar– et Jon Landau, producteur des deux sagas. Extraits.


Alita : Battle Angel, une vraie bombe [critique]

PREMIÈRE : Alita voit enfin le jour après deux années de postproduction, et plus de vingt ans après que James Cameron a décidé d’adapter Gunnm. Une telle gestation doit apporter son lot de bons souvenirs… mais aussi de regrets et de faillites ?

ROBERT RODRIGUEZ : Déjà, une première chose : c’est enfin fini ! (Rires.) Après un si long processus, on ne peut qu’être soulagé d’avoir terminé, mais ça ne veut pas dire qu’Alita a été un calvaire. Encore moins pour moi, qui ne suis arrivé sur le projet qu’en 2013. J’ai tourné assez rapidement et sans pépin particulier : ce sont les effets spéciaux qui ont pris un temps fou… Pour la bonne cause.

JON LANDAU : Je ne regrette pas un seul instant qu’Alita nous ait pris tant  d’années, et vous savez quoi ?  J’en suis même très heureux. D’abord, si on avait sorti le film il y a dix ou quinze ans, Rosa Salazar n’aurait pas tenu le rôle principal. Ensuite, on n’aurait pas bénéficié du même raffinement technique. L’héroïne aurait été incarnée en images de synthèse plutôt qu’en performance capture. Pour moi, c’est comme avoir élevé un enfant pendant vingt ans en coparentalité avec James et Robert, et le voir enfin diplômé !

Ici le coauteur officieux n’est pas Yukito Kishiro (l’auteur des mangas Gunnm, ndlr), mais James Cameron…
RR : C’est même plus que ça : Alita est un film de James Cameron qu’il n’a simplement pas eu le temps de réaliser ! Sans exagérer, mon travail a été de tourner un film à la Cameron. Il avait tellement bien construit l’univers que je n’avais plus qu’à suivre ses traces : je pouvais lui poser une question sur n’importe quoi – le meilleur angle pour filmer le dérapage d’un « Motorball » ou un simple accessoire – et il me répondait le lendemain par un texte de six pages…

La proximité entre vos films ne saute pas aux yeux…
RR : Les gens trouvent effectivement qu’on fait un tandem bizarroïde, alors qu’on est amis depuis plus de vingt-cinq ans ! Mais je comprends : j’aime expérimenter au cinéma, tandis que lui provoque carrément des révolutions. C’est un pionnier. Je pourrais arrêter le métier si j’avais réalisé un film aussi novateur que Terminator 2 : Le Jugement dernier, mais lui, il va toujours plus loin ! Cela dit, je pense que notre alliance fonctionne dans Alita, justement parce que son œuvre a eu une énorme influence sur mon style. Après avoir consulté les rushes, il m’appelait parfois pour me féliciter de telle ou telle trouvaille, et je lui répondais : « James, d’abord je ne sais plus ce qui vient de toi ou de moi dans ces images, et si ça vient de moi, je l’ai probablement piqué dans un de tes films ! »

JL : James et Robert ont plus en commun qu’on ne le croit : ce sont des conteurs avant tout. La technologie les intéresse, mais elle vient toujours servir un récit sans être une fin en soi – alors que trop de gens de l’industrie font le contraire ! Et ils ont une culture de la fabrication, de l’ingéniosité, parce qu’ils ont commencé par des films d’auteur à petit budget…

Au sommaire de Première n°493 : Captain Marvel, Dragons 3, Marina Foïs, Vice, La Favorite, François Ozon, Alita...
Première

L’interview complète est à retrouver dans le n°493 de Première, avec Captain Marvel en couverture.


Au sommaire de Première n°493 : Captain Marvel, Dragons 3, Marina Foïs, Vice, La Favorite, François Ozon, Alita…

Bande-annonce d’Alita Battle Angel, qui sort cette semaine au cinéma :





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