Ça chapitre 2, Deux moi, Tu mérites un amour : les films au cinéma cette semaine



Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

ÇA, CHAPITRE 2
D’Andy Muschietti

Critique à venir…

 

PREMIÈRE A ADORÉ

JEANNE★★★★☆
De Bruno Dumont

Après le dissonant Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, voici Jeanne. Toujours Charles Péguy, toujours Bruno Dumont et toujours Lise Leplat Prudhomme, 10 ans, dans le rôle de la pucelle d’Orléans, qui a bien grandi en deux ans. Sur les dunes du Nord battues par les vents, la guerre de Cent ans est montrée dans un parfait dépouillement. L’histoire est certes connue. Au cinéma peut-être plus qu’ailleurs. Le geste de Dumont est de coller au plus près à la prose de Péguy pour mieux la remodeler.
Thomas Baurez


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PREMIÈRE A AIMÉ

DEUX MOI ★★★☆☆
De Cédric Klapisch

À ses débuts, dans les années 90, Cédric Klapisch célébrait joyeusement les vertus du vivre-ensemble, à même de transcender les clivages de toutes sortes. Vingt-cinq ans plus tard, l’utopie communautaire semble avoir vécu. C’est du moins ce que semble raconter Deux moi, portrait tout sauf béni-oui-oui de la génération Tinder, dans lequel le réalisateur de L’Auberge espagnole filme deux solitudes, celles de Mélanie et Rémy, en quête de sens et d’amour, qui vivent côte à côte sans le savoir dans des immeubles mitoyens.
Christophe Narbonne


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TU MÉRITES UN AMOUR ★★★☆☆
De Hafsia Herzi

Une jeune femme peine à se remettre de l’infidélité de son petit ami. Pour son premier long métrage de cinéaste, Hafsia Herzi a choisi un sujet a priori usé jusqu’à la corde. Mais il faut toujours se méfier des apparences… Découverte à la Semaine de la critique, l’histoire se vit intensément au rythme des montagnes russes émotionnelles de son héroïne, incapable de faire le deuil de cet amant toxique et prête à tous les subterfuges, surtout les plus iconoclastes (faire appel à un marabout… ami de Carla Bruni !), pour que ce serial lover revienne.
Thierry Cheze


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PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

MUSIC OF MY LIFE ★★☆☆☆
De Gurinder Chadha

Depuis Joue-la comme Beckham, en 2002, Gurinder Chadha n’a pas vraiment confirmé les espoirs placés en elle. Est-ce un hasard si son nouveau film reprend peu ou prou la structure de sa comédie initiatique à succès ? Il est de nouveau question d’un jeune Anglais d’origine indo-pakistanaise déterminé à s’extraire de son milieu étouffant en s’adonnant à une activité de « Blancs » – le foot féminin dans Joue-la comme Beckham, l’écriture dans Music of my Life. Et la réalisatrice de développer autour de cette intrigue de base des thématiques identiques sur l’identité, le repli communautaire, les conflits familiaux, le racisme, l’émancipation, les amours mixtes… La grande idée de Chadha, moins une idée d’ailleurs qu’un gimmick, est ici d’utiliser les chansons de Bruce Springsteen pour servir son propos gentiment politique. Les paroles engagées et poétiques du Boss, souvent reprises in extenso, agissent ainsi comme des mantras pour le héros, un adolescent en pleine crise existentielle qui aspire à quitter Luton, cette ville anglaise sinistrée – l’action se passe en 1987. « Blow away the dreams that tear you apart » (« Chasse les rêves qui te détruisent »), fredonne Javed en écoutant The Promised Land, cette bouleversante invitation au départ… Gigantesque playlist Springsteen, Music of my Life a l’immense mérite de faire découvrir au jeune public la musique inspirante, et ô combien d’actualité, du Boss. On en oublierait presque les clichés et maladresses qui parsèment le film.
Christophe Narbonne

THE BRA ★★☆☆☆
De Veit Helmer

Dans un quartier pauvre de Bakou en Azerbaïdjan existe une voie ferrée qui passe entre les maisons. Et quand le train arrive, les habitants rangent tables et fils à linge à toute vitesse. Pour Nurlan, le conducteur du train (Miki Manojlovic), c’est chaque jour une épreuve et un plaisir. Lors de son dernier voyage, la veille de sa retraite, sa locomotive emporte un soutien-gorge bleu. L’homme en mal d’amour va alors, tel le prince charmant de Cendrillon, se mettre en quête de la poitrine qui le portera le mieux. Ce conte poétique sans parole n’en est pour autant pas muet car le travail sur le son s’y révèle particulièrement intéressant. Ce parti pris séduisant offre de jolis moments, notamment avec le funambule Denis Lavant. Mais on en perçoit vite ses limites jusqu’à l’épuisement et l’affaiblissement du propos. Dommage.
Sophie Benamon

MJÓLK, LA GUERRE DU LAIT ★★☆☆☆
De Grímur Hákonarson

Découvert voilà quatre ans avec l’excellent Béliers, Grímur Hákonarson pose de nouveau sa caméra dans la campagne islandaise et raconte le combat d’une femme seule contre tous ou presque. Une agricultrice qui, en reprenant l’exploitation laitière familiale après la mort brutale de son  mari, entre en guerre contre le monopole abusif et quasi mafieux imposé par une coopérative. Celle-ci prive les agriculteurs de toute indépendance tout en leur assurant le minimum vital qui les dissuade de se rebeller. Après une mise en route un peu molle, Mjólkse met ensuite dans les pas d’Erin Brockovich, de 3 Billboardsou de Woman at War, ces films célébrant des héroïnes refusant de se coucher devant l’ordre (injuste) établi. Hákonarson ne démérite pas mais ne parvient jamais à imprimer une réelle singularité dans un récit aux rebondissements trop téléphonés pour susciter la surprise.
Thierry Cheze

L’INSENSIBLE ★★☆☆☆
D’Ivan I. Tverdovsky

Dans Zoologie, son précédent film, Ivan I. Tverdovsky décrivait une femme ordinaire affublée d’une queue et qui entamait une relation toxique avec un fétichiste. Drôle de film qui finissait par tourner en rond. Rebelote avec L’Insensible, portrait d’un ado atteint d’une maladie le rendant insensible à la douleur. Sa mère, qui l’a abandonné à la naissance, revient le chercher pour l’utiliser dans le cadre d’une arnaque bien rodée : Denis se jette sur des voitures pour faire chanter les conducteurs avec la complicité de l’appareil judiciaire entier… Séduisant sur le papier, le film se contente d’illustrer son propos sur la corruption généralisée en Russie, sans l’ombre d’une nuance. Le trouble naît surtout de la relation quasi incestueuse entre cette mère irresponsable et son fils en mal d’amour.
Christophe Narbonne

TEMPO COMUM ★★☆☆☆
De Susana Nobre

Le docufiction a le vent en poupe depuis quelques années – le succès de Shéhérazadeen est un exemple récent. Souvent centré sur des communautés bien typées, le genre s’aventure peu dans le domaine de l’intime, voie choisie par Susana Nobre, qui décrit ici le quotidien banalement répétitif d’une jeune maman : tétées, bercements, siestes, conversations assez neutres avec le papa ou des gens de passage (famille et amis)… Tout est vrai et faux en même temps, la mère en question et ses proches étant filmés dans leur environnement naturel mais récitant des dialogues écrits. Le résultat est à moitié convaincant. En écartant toute possibilité de romanesque, le docufiction intimiste tel que le conçoit Susana Nobre, s’il se révèle par moments touchant, ne suscite pas un intérêt particulier.
Christophe Narbonne


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PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

CA MARCHE !? ★☆☆☆☆
De Camille de Casabianca

Il faut vraiment être féru de politique pour s’intéresser à la campagne pour les élections européennes de La République en marche, objet du nouveau documentaire de Camille de Casabianca. Neuf ans après C’est parti, qui racontait la naissance du NPA d’Olivier Besancenot, la réalisatrice enregistre sur le vif les réunions locales un peu brouillonnes, les porte-à-porte humiliants, les débats internes plus ou moins agités… Castaner, Griveau ou Mahjoubi apparaissent ponctuellement, mais la cinéaste se focalise plutôt sur les petites mains, sur ces élus novices qui apprennent la politique en la faisant et dont l’enthousiasme est manifeste. Il manque toutefois à ce journal de campagne des enjeux passionnants et des personnages pittoresques pour nous happer pleinement.
Christophe Narbonne

 

Et aussi
Une joie secrète de Jérôme Cassou (lien)
Coeur de pierre d’Olivier Jobard
Dantza de Telmo Esnal
Fourmi de Julien Rappeneau
Inséparable sde Varante Soudjian

 

Reprises
Beau-père de Bertrand Blier
Miracle en Alabama d’Arthur Penn
Laura d’Otto Preminger
Hôtel des Amériques d’André Téchiné
Un mauvais fils de Claude Sautet





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