Pour Edward Norton, ce sont les salles qui détruisent le cinéma, pas Netflix



En promo pour son film Brooklyn Affairs, Norton exprime son désaccord avec Spielberg.

Edward Norton a fêté ses 50 ans cet été, et s’apprête à franchir un nouveau cap dans sa carrière avec la sortie de Brooklyn Affairs (Motherless Brooklyn en VO), son premier film en tant que réalisateur. Un projet qui lui tient particulièrement à cœur, puisqu’il est également scénariste et acteur principal du film, où il incarne un détective souffrant du syndrome Gilles de la Tourette qui enquête sur le meurtre de son unique ami.


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Fort de cette nouvelle casquette, Norton a fait irruption dans un débat qui anime vivement le milieu depuis quelques années maintenant : Netflix tue-t-il le cinéma en proposant des films visionnables directement depuis sa télévision (ou pire, son ordinateur, sa tablette ou son smartphone) sans forcément les distribuer en salle ? Pour l’acteur d’American History X et Fight Club, interrogé par The Daily Beast la réponse est clairement non.

« Ce sont les chaines de cinémas qui détruisent l’expérience en salle. Point, à la ligne. Personne d’autre« , tranche Edward Norton, assurant que nombre de cinéastes pensent comme lui. « Beaucoup de réalisateurs que je connais s’y intéressent déjà et ils disent que plus de 60% des cinémas américains font tourner leurs projecteurs avec la moitié de la luminosité qui est prévue contractuellement. Ils fournissent un son pourri une image terne, et personne ne leur dit rien« .


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Particulièrement remonté, il poursuit : « s’ils offraient la qualité qu’ils sont censés offrir, les gens diraient : ‘waouh, c’est incroyable, je n’ai pas ça à la maison’… Je voudrais que les gens aillent littéralement voir le directeur de leur cinéma et lui disent : ‘si c’est trop sombre, je veux être remboursé. Parce que je paie pour avoir une expérience premium’. »  

Edward Norton explique l’avoir expérimenté lui-même lors des séances test de Brooklyn Affairs dans un cinéma qui diffusait par ailleurs Captain Marvel et proposait une qualité d’image de 6.2 au lieu de 14. « C’est deux fois moins de lumière par rapport à ce qui est prévu », s’agace-t-il.


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Dès lors, critiquer Netflix et affirmer que les films Netflix ne devraient pas avoir le droit de concourir aux Oscars est un non sens pour Norton. Même si c’est Spielberg qui le dit. « Je suis vraiment en désaccord avec Spielberg là-dessus, avec tout le respect que j’ai pour lui. Netflix a investi cinq fois plus sur la sortie de Roma que n’importe quel studio l’aurait fait. Ils ont sorti un film en espagnol et en noir et blanc un peu partout dans le monde. Dans des centaines de salles, pas juste quelques unes. Autant que ce qu’aurait fait Sony Pictures Classics.« 

Brooklyn Affairs, avec au casting Bruce Willis, Willem Dafoe ou Ethan Suplee, sort le 2 novembre aux Etats-Unis. Il faudra attendre le 4 décembre pour pouvoir le découvrir en France.

 


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