À la Croisée des Mondes : enfin l’adaptation qu’on attendait (critique)



Les amateurs des romans de Philip Pullman ne seront pas déçus : la nouvelle série est une réussite.

Il est encore un peu tôt pour savoir s’il s’agit du nouveau Game of Thrones… Mais après avoir vu les quatre premiers épisodes, on peut quand même le dire : À la Croisée des Mondes fait un successeur tout à fait crédible. La superbe saga littéraire de Philip Pullman, qui a fait rêver toute une génération dans les années 90, est aujourd’hui portée à l’écran par la BBC et HBO (à voir en France sur OCS) dans une adaptation fidèle, visuellement éblouissante et parfaitement incarnée.

Pas de surprise côté histoire, on retrouve Lyra, jeune orpheline confiée dès sa naissance au Jordan College, à Oxford, par Lord Asriel. C’est dans ce cadre austère, en compagnie de son « Daemon » et de son meilleur ami Roger, qu’elle va grandir, jusqu’au jour où la puissante et énigmatique Mrs Coulter décide de la ramener chez elle. Mais alors que des dizaines d’enfants disparaissent mystérieusement, Lyra mène son enquête et peut se fier à son Aléthiomètre, un objet rare et obscur, qui révèle toutes les vérités de l’univers à qui sait le lire…

Difficile de ne pas penser au fiasco du film de 2007, blockbuster froid et sans âme, qui était complètement passé à côté de la magie des romans… Heureusement, À la Croisée des Mondes version 2019 vise nettement plus juste. Une variante qui respecte infiniment mieux le chef d’oeuvre de Pullman, reprenant méticuleusement la richesse de sa mythologie. Hormis les boucles blondes de Lyra, tout y est. L’adaptation fait honneur au récit complexe de la trilogie His Dark Materials, sa fantasy pure et dure, ses influences poétiques, ses thèmes mystiques et religieux… L’écriture de Jack Thorne (à qui l’on doit Harry Potter et l’Enfant maudit) saisit à merveille les personnages et les enjeux de cette épopée épique. Une fresque dense, aux multiples visages, que le scénario prend le temps d’installer, tranquillement, dans les deux premiers épisodes. Il faut faire abstraction d’un certain manque de rythme, pour se laisser happer par l’histoire et rentrer dans ce monde fantastique que le sinistre Magisterium dirige d’une main de fer. Ce monde où les humains partagent leurs âmes avec des animaux, ces fameux « Daemons » qui les accompagnent à chaque instant. Ce monde où des Ours polaires en armure sont engagés comme des mercenaires…


À la Croisée des mondes : « On est un drama très différent de Game of Thrones »

Un monde parallèle au nôtre, qui prend vie de manière somptueuse, grâce à un budget conséquent et des effets spéciaux qui s’en ressentent (notamment à partir de l’épisode 4). La réalisation de Tom Hooper (sacré aux Oscars pour Le Discours d’un Roi) est tout à fait harmonieuse, à défaut d’être flamboyante. Elle fait surtout la part belle aux acteurs : Ruth Wilson fait une méchante incroyable, James McAvoy apporte toute sa classe à Lord Asriel, Lin-Manuel Miranda crève l’écran dès qu’il entre en scène et la jeune Dafne Keen fait parfaitement le job, dans la peau de la jeune héroïne.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire d’À la Croisée des Mondes la nouvelle star des séries de fantasy. Même la musique grandiose et entêtante du thème rappellera d’emblée les grands airs de Ramin Djawadi, ceux d’un certain Game of Thrones

À la Croisée des Mondes, saison 1 en 8 épisodes – à voir en France sur OCS à partir du 5 novembre 2019.





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