Mort de François Corbier, figure atypique et jamais nostalgique du Club Dorothée


Personnage incontournable du PAF des années 1980 et 90 avec le Club Dorothée, François Corbier est décédé ce dimanche 1er juillet 2018, à l’âge de 73 ans. Il est l’auteur entre autres des succès « Sans ma barbe » et « Le Nez de Dorothée ».


François Corbier dans le documentaire "Corbier, des traces dans la mémoire des masses"

François Corbier dans le documentaire « Corbier, des traces dans la mémoire des masses »
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© Saint-André des Arts

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François Corbier, l’un des piliers du Club Dorothée dans les années 1980 et 90, nous a quittés ce dimanche 1er juillet 2018, des suites d’un cancer. Il était âgé de 73 ans. C’est Jean-Luc Azoulay, cofondateur d’AB Productions (à l’origine du Club Do), qui nous a appris la nouvelle dans un tweet laconique.

Après des débuts au Club Med en tant que G.O., François Corbier se consacre à sa passion pour la musique, encouragé en cela par Georges Brassens, rencontré au hasard d’un tour de chant. Celui qui s’appelle encore Alain Roux (son vrai nom) écume alors les petites salles de concerts et les cabarets parisiens. Prenant le pseudonyme de François Corbier, il signe un premier album en 1964. Sa carrière suit son cours jusqu’en 1982, l’année où tout bascule…

Les années Dorothée

Jacqueline Joubert, Directrice de l’Unité Jeunesse d’Antenne 2, le remarque et lui propose de rejoindre l’équipe de Récré A2, l’émission présentée par Dorothée. L’osmose avec l’animatrice est immédiate, et il devient rapidement l’une des figures incontournables du programme. Ne se séparant jamais de sa guitare, il compose des chansons pour le jeune public, qui aime ce personne loufoque et bienveillant. En 1987, l’équipe accepte la proposition de TF1, alors fraîchement privatisée, et lance le Club Dorothée, dont Corbier devient coanimateur avec Dorothée, Ariane, Jacky et Patrick. Des années fastes s’ouvrent pour le chanteur-animateur, qui voit deux de ses chansons (« Sans ma barbe », « Le Nez de Dorothée ») connaître un immense succès public, décrochant plusieurs disques d’or. L’aventure se poursuit jusqu’en 1996. Le chansonnier, jugé trop vieux, est alors brutalement remercié. Il revient à ses premières amours, qu’il n’a d’ailleurs jamais cessé de cultiver, la chanson et les concerts. Malgré une situation financière difficile, il tourne la page Club Dorothée sans amertume ni nostalgie. Et toujours avec cette pointe d’humour qui faisait sa marque. En témoigne le titre de ses mémoires,  » Vous étiez dans Dorothée ? Non à côté« . Par la suite, et malgré les sollicitations, il s’acceptera jamais de retrouver l’équipe par un revival du Club Dorothée.

« C’est un brave type, pas un con »

En 2017, à l’occasion de la sortie du documentaire qui lui était consacré (Corbier, des traces dans la mémoire des masses), il nous avait accordé une interview aussi émouvante que lucide. A l’une de nos questions (« Que voudriez-vous que les gens retiennent en voyant le documentaire ? »), il avait répondu : « Je voudrais qu’ils disent : « Corbier, on l’a découvert, on pensait pas qu’il était comme ça. C’est un brave type, c’est pas qu’un con ! Il est con aussi, mais c’est pas qu’un con ! » Quand on te catalogue « Corbier, il a fait rire des gosses, donc c’est un crétin », moi ça me fait mal. Déjà, faire rire des gosses, c’est être un con ? C’est pas bien de dire ça… Donc, j’espère que les gens qui vont me regarder vont se pencher sur ce que je suis, ce que je raconte, ce que je dis. Qu’ils aimeront ça, qu’ils me feront coucou dans la rue en me disant : « On vous a vu dans le film, on savait pas tout ça ! » C’est tout. »

La bande-annonce de « Corbier, des traces dans la mémoire des masses » :

 



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