Sicario : La guerre des cartels, Tully, Parvana : les films au cinéma cette semaine



Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

SICARIO : LA GUERRE DES CARTELS ★★★☆☆ 
De Sergio Sollima

L’essentiel
Stefano Sollima signe une suite bourrine (mais réussie) au chef-d’œuvre de Denis Villeneuve.

En plus d’imposer Denis Villeneuve comme l’un des réalisateurs les plus excitants en activité, le génial Sicario, il y a trois ans, révélait le nom du scénariste Taylor Sheridan. Ancien acteur reconverti sur le tard en auteur surdoué, l’homme, depuis, n’a pas chômé, constituant au fil du temps une saga informelle qu’il appelle lui-même sa « trilogie de la Frontière » (initiée par Sicario, poursuivie par Comancheria et Wind River) et proposant aujourd’hui ce Sicario 2 que personne n’attendait vraiment, le film originel ayant été un succès d’estime plutôt qu’un véritable hit.
Frédéric Foubert


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PREMIÈRE A ADORÉ

JSA – JOINT SECURITY AREA ★★★★★
De Park Chan-wook

Alors que Trump et Jong-un s’entendent désormais comme larrons en foire sans que l’on sache vraiment si ce rapprochement est bon signe compte tenu de la personnalité, disons imprévisible, des deux dirigeants, la sortie de ce titre inédit dans les salles françaises de Park Chan-wook, arrive à point nommé.
Thomas Baurez


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TULLY ★★★★☆
De Jason Reitman

Selon une multitude d’articles de presse sur le sujet, la maternité serait aux femmes ce que le métro est à Nathalie Kosciusko-Morizet : un moment de grâce. Et pourtant avec le corps bouleversé, la fatigue cumulée, la rencontre avec ce nouvel être sorti de soi et les diverses douleurs qui entourent le miracle de la vie, cela n’a rien d’un séjour au spa.
Perrine Quennesson


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PARVANA, UNE ENFANCE EN AFGHANISTAN ★★★★☆
De Nora Twomey

Prix du Public Première lors du dernier Festival d’Annecy, Parvana confirme le talent de Nora Twomey, la coréalisatrice irlandaise de Brendan et le secret de Kells. Moins ésotérique, son second long métrage raconte le destin dramatique d’une adolescente qui grandit dans l’Afghanistan des Talibans. Lorsque son père est injustement emprisonné, elle doit trouver une solution pour nourrir sa famille, désormais composée de sa mère, sa grande sœur et son petit frère -sachant qu’une femme ne peut ni travailler ni acheter de la nourriture. Elle décide alors de se déguiser en garçon… Follement humaniste, Parvana pourfend la dictature religieuse d’hommes d’abord préoccupés de leur petit pouvoir comme en atteste l’odieux personnage de l’ancien élève du père de l’héroïne auquel il reproche d’instruire les gens, ses filles en particulier. La culture comme moyen d’élévation des esprits anime ce long métrage au message et aux lignes clairs qui abrite en son cœur un conte oriental (en papier découpé) dont le puissant symbolisme n’est pas sans rappeler le travail de Michel Ocelot.
Christophe Narbonne


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PREMIÈRE A AIMÉ

LOVE, SIMON ★★★☆☆
De Greg Berlanti

En 2000, Greg Berlanti, alors scénariste pour Dawson, réussissait un petit exploit : montrer un baiser entre deux garçons, en gros plan, à la télévision. Ça n’a l’air de rien aujourd’hui, mais à l’époque, ce type de scène n’avait encore jamais été osé par un réseau TV américain. Dix-huit ans après ce coming out télévisuel, Berlanti s’attaque au grand écran avec un teen movie gay produit par la Fox. Sa méthode sur Love, Simon reste la même qu’avec les ados fleur bleue de Capeside (ville fictive de Dawson) : garder les ingrédients habituels du genre pour ne pas s’aliéner le grand public (méli-mélo amicalo-amoureux, BO pop-rock sucrée, banlieues rassurantes) et le subvertir de quelques gouttes de queer. Soit Simon, un héros secrètement gay qui, sous la menace d’un improbable maître-chanteur, se montre prêt à quelques manœuvres alambiquées, quitte à se muer en apprenti marionnettiste avec les fils narratifs de ses amis. S’accepter soi-même pour se faire accepter des autres, sur fond de règne de l’apparence : thème rebattu du genre depuis les nerds de John Hughes. Si révolution LGBT il y a ici, ça reste une révolution de velours : comme son héros propret (à l’opposé de l’unique homo assumé du lycée, excentrique), Love, Simon entend fondre sa différence dans la normalité. Par chance, cette bulle de classicisme n’étouffe pas son souffle émotionnel et comique, qui s’affirme dans l’efficacité de l’écriture et la qualité du casting, notamment des seconds rôles : mention spéciale à Tony Hale, hilarant en vice-proviseur intrusif.
Éric Vernay

MA FILLE ★★★☆☆
De Laura Bispuri

Vittoria a 10 ans et déjà une envie folle de découvrir la vie hors du cocon –aimant mais forcément un peu étouffant– dans lequel sa mère Tina l’a fait grandir. Alors, forcément, quand elle rencontre Angelica, jeune femme provocante et libre de tout carcan, la gamine écarquille les yeux comme devant le plus magique des cadeaux de Noël. Et va tout faire pour passer le maximum de temps avec elle, au grand dam de sa mère. Sans se douter évidemment que Tina et Angelica sont liées par un secret… Variation subtile sur un thème a priori ultra rabâché –l’opposition frontale entre la famille à laquelle on appartient et celle qu’on se choisit– Ma fille réussit à surprendre dans la conduite de son récit mais surtout à créer une intensité qui se poursuit et même s’accroit dès lors que le secret cité plus haut est éventé. Laura Bispuri joue la carte du suspense mais s’emploie surtout à secouer le schéma parental traditionnel pour offrir une superbe déclaration d’amour aux mères. A leur droit à l’imperfection, aux failles et à la maladresse. Le tout porté par la splendeur rude des paysages de Sardaigne et la présence charismatique de deux comédiennes dont chacune justifie à elle seule la découverte de ce film : Valeria Golino et Alba Rohrwacher, déjà à l’affiche du premier long de Laura Bispuri (Vierge sous serment) qui a écrit ce rôle de femme libérée pour elle.
Thierry Cheze
 

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

UN COUTEAU DANS LE COEUR ★★☆☆☆
De Yann Gonzalez

Les membres du casting d’un film porno gay sont assassinés tour à tour par un tueur mystérieux. La productrice n’en a cure : elle ne pense qu’à la fin de son histoire d’amour avec sa monteuse… Tout Cannes (enfin, surtout les Français) attendait le second film de Yann Gonzalez, réalisateur acclamé des Rencontres d’après minuit. Programmé en fin de festival, Un couteau dans le cœur ne s’est pas planté dans celui des observateurs et n’a pas bénéficié de l’élan critique espéré. La faute à un projet esthétique plombé par ses références écrasantes (Argento, De Palma) et, plus étonnant, par un cruel manque d’audace. Rien de très viscéral ni de très organique dans ce portrait de femme dont l’humour potache dessert ses ambitions baroques. Un film bancal que la prestation convaincante de Vanessa Paradis (et du fantasque Nicolas Maury) ne suffit pas à élever au-dessus du simple hommage fétichiste.
Christophe Narbonne
 

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

À 2 HEURES DE PARIS ★☆☆☆☆
De Virginie Verrier

Agée d’une trentaine d’année, Sidonie élève seule Lolo, sa fille de 15 ans. Née d’un père inconnu, mère et fille s’embarquent dans la région natale de Sidonie à la recherche du géniteur de l’ado. Vendu comme une « comédie », A 2 heures de Paris  ne fait sourire à aucun moment. Surjoué (l’entraîneur de foot, sa femme et une partie du casting…) ou déprimant comme le personnage de Fred Testot (plus drôle dans les pubs SFR), ce film est l’archétype du film du dimanche. Comprenez qu’on ne passe pas un bon comme un mauvais moment, mais qu’on l’oubliera forcément quand il faudra se lever pour aller faire la vaisselle.
Alexandre Bernard

LES AFFAMÉS ☆☆☆☆☆
De Léa Frédéval

En publiant en 2014 Les affamés, Léa Frédéval avait jeté un pavé dans la mare en mettant en lumière les espoirs d’une jeunesse sacrifiée. Les jeunes adultes, bardés de diplômes, voient leurs rêves se fracasser sur les stages à répétition, les galères du quotidien et une vie sentimentale qui rejette le modèle du couple parental souvent brisé. En se racontant, elle avait raconté une génération. L’idée d’adapter ce livre au cinéma était a priori une très bonne idée. On suit donc Zoé, 21 ans, (interprétée par Louane) qui vit de petits boulots et se retrouve sans appart après avoir largué son jules infidèle. En coloc’, elle découvre les galères des jeunes diplômés et décide de monter un mouvement contestataire. Le déroulé du récit est assez attendu et d’original le film se transforme en gentille comédie pour ados. Pire, l’omniprésence de la voix-off de Zoé qui raconte la vie du groupe en mode « lui, c’est Arthur… » finit par agacer -les personnages, très peu creusés, renforçant le jeu métronomique des comédiens. Dommage pour la comique Agnès Hurstel, plutôt cinglante en professeur débutante. On adore quand elle dit : « ils ont la concentration d’un chaton ». Allez plutôt la voir sur scène en septembre au Sentier des Halles où elle reprend son one-woman-show.
Sophie Benamon

 

Et aussi
Budapest de Xavier Gens

Pur-sang de Cory Finley

 

Reprises
Les frissons de l’angoisse de Dario Argento
Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastel





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