Tully : Charlize est ronde [Critique]



Pour leur deuxième collaboration, le trio derrière Young Adult démonte l’idée de la maternité comme accomplissement.

Selon une multitude d’articles de presse sur le sujet, la maternité serait aux femmes ce que le métro est à Nathalie Kosciusko-Morizet : un moment de grâce. Et pourtant avec le corps bouleversé, la fatigue cumulée, la rencontre avec ce nouvel être sorti de soi et les diverses douleurs qui entourent le miracle de la vie, cela n’a rien d’un séjour au spa. Tout ça, le trio Jason Reitman, Diablo Cody et Charlize Theron ne nous l’épargnent pas. Avec un souci du détail frôlant le documentaire, et un montage répétitif pour en rappeler la cadence infernale, le réalisateur met en exergue la difficulté d’être mère.

Baby blues
Car dans Tully, Marlo, la quarantaine, accouche de son 3e enfant. Devant ses difficultés à gérer le quotidien, elle décide d’embaucher une baby-sitter de nuit qui vient prendre le relais pour qu’elle puisse trouver le repos. Et ce personnage de Tully, incarné avec délicatesse par Mackenzie Davis, vue dans la série Halt and Catch Fire et dans l’épisode “San Junipero” de Black Mirror, est le véritable tour de force du film. Si dans Young Adult, Reitman, Cody et Theron encourageaient le personnage principal à être plus indulgent avec lui-même, ils continuent ici sur une voie similaire appelant à la bienveillance et au droit à l’imperfection. Glissant avec fluidité de la comédie à la tragédie, Tully l’emporte par son ton mélancolique magnifié par le sourire tendre de Davis et les yeux éteints d’une Theron confondant burn-out et syndrome de Stockholm. 





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