Handmaid’s Tale, Westworld, Game of Thrones : Ces héroïnes de séries qui déclenchent une révolution


Les femmes ont toujours été mieux représentées à la télévision qu’au cinéma. Et depuis quelques saisons, elles ne prennent plus simplement la parole : elles prennent aussi les armes. Etat des lieux en 5 exemples.


The Handmaid's Tale : la servante écarlate (2017)

The Handmaid’s Tale : la servante écarlate (2017)
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© Take Five/Hulu

1/6

The Handmaid’s Tale. Westworld. Orange Is the New Black. Game of Thrones. Dietland. Les personnages « féminins badass » ou encore « de femmes fortes », de femmes qui « prennent leur destin en main », sont à l’honneur à la télévision, pour le plus grand plaisir des observateurs qui y voient un signe que « ça y est, les choses changent ». S’il est un peu tôt pour savoir si, effectivement, les choses changent, donner la parole aux femmes et aux personnages féminins dans les films et les séries télévisées est forcément une bonne chose. 

Les femmes ont toujours été bien mieux représentées à la télévision qu’au cinéma. Buffy, Sydney Bristow, Carrie Bradshaw… Cela fait bien longtemps que les héroïnes et les rôles intéressants pour les actrices ne manquent pas à la télé, quand elles sont bien souvent cantonnées à des positions de faire-valoir de personnages masculins. Cela explique peut-être pourquoi depuis quelques saisons, les femmes ne prennent plus simplement la parole, mais les armes. 

The Handmaid’s Tale

The Handmaid’s Tale, série dystopique lancée en 2017 et adaptée du roman La servante écarlate de Margaret Atwood, se pose en série éminemment politique et fait de la réduction des femmes au statut d’objet et de leur lutte pour y échapper son sujet. Sortie juste après l’élection de Trump à la présidence des Etats-Unis, la série résonne fort avec l’actualité. On y suit, dans un futur proche et une société totalitaire, June, devenue Offred, la « Servante » du couple Waterford, qui doit subir un viol cérémoniel chaque mois afin de tomber enceinte pour offrir à la famille qui l’exploite un enfant.

Le coeur de la série réside dans le désir viscéral de ses héroïnes de s’émanciper, de recouvrer la liberté, de reprendre possession de leur corps, et dans les actions qu’elles entreprennent pour arriver à leurs fins. June, qui refuse de baisser la tête, mais aussi toutes les autres : Emily, Jeanine, les Marthas et même Serena. Dans la série, la révolution est un travail d’équipe, la révolte de chacune sert l’accomplissement de quelque chose de plus grand : les femmes oeuvrent ensemble. A la fin de la saison 1, les Servantes refusent ensemble de lapider Jeanine. Elles sont solidaires. Les exemples ne manquent pas – les Servantes se présentent les unes aux autres et décident en échangeant leur prénom de reprendre le contrôle de leur identité, les Marthas s’allient pour permettre la fuite de June… A la fin de la saison 2, on comprend que la révolution est en marche.

 

Orange Is the New Black

Orange Is the New Black dépeint le quotidien des femmes détenues à la prison de Litchfield au travers du regard et de l’expérience de Piper Chapman. La série s’attache depuis la saison 1 à aborder de nombreux sujets politiques : outre les conditions de détention aux Etats-Unis, les discriminations raciales ou l’homosexualité par exemple. En saison 5, la série est entrée dans sa phase la plus engagée. Suite à la mort de Poussey, tuée par un gardien à la fin de la saison 4, Taystee déclenche une révolte dans la prison, qui se poursuit tout au long de la saison. 

La saison s’ouvre sur Daya qui tient Humphrey en joue alors que tout autour ses codétenues la poussent à appuyer sur la détente. L’émeute s’aggrave rapidement et les femmes prennent le contrôle de la prison. Les détenues sont poussées dans leurs retranchements, mais s’efforcent de se battre pour obtenir qu’on les respecte. Pour les filles, le topo est simple : c’est nécessairement par la lutte que passe l’évolution de leurs conditions de vie. 

 

Westworld

La révolte des robots de Westworld, engagée dans la première saisons et qui se poursuit dans la deuxième, n’est pas une révolte spécifiquement féminine, mais elle est déclenchée et menée par des femmes. D’ailleurs les personnages les plus intéressants de la série sont les personnages féminins : Dolores, Maeve et Charlotte en tête – et en cheffes – de file. 

Dans le parc, après que Dolores a tué Robert Ford, les hôtes se rebellent contre les invités, conduisant à un véritable massacre. Emmenés par Dolores, ils cherchent donc à libérer l’ensemble des robots. L’autre groupe est mené par Maeve, qui parvient finalement au prix fort à les mener à la Porte de la Vallée lointaine. (Cette série est beaucoup trop compliquée, mais l’idée, c’est que sans les personnages féminins, il ne se passerait pas grand chose.) 

 

Game of Thrones

House of Cards, Scandal, Damages… Dans les séries récentes, les femmes entrent progressivement dans les jeux de pouvoir et s’imposent comme maîtresses du jeu. C’est le cas dans l’une des séries les plus populaires du moment : Game of Thrones. Les personnages féminins y donnent le « la », mènent la danse et contrôlent la partie. Sansa prend les décisions à Winterfell, Cersei renverse la secte des Moineaux à Port-Réal, Daenerys étend son armée à dos de dragons. 

Daenerys, qui parvient à rallier à sa cause des milliers et des milliers d’hommes qu’elle libère de l’esclavage et compte bien retourner s’asseoir sur le trône de fer. Son discours à Meereen dans la saison 4, puis celui auprès des Dothrakis dans la saison 6, resteront quoi qu’il arrive dans les annales de la série. 

 

Dietland

Dietland est une série satirique adaptée du best-seller du même nom sorti en 2015, dans laquelle Plum Kettle, nègre pour l’éditeur d’un des magazines de mode les plus en vue de New York, se bat avec son image et arrive à saturation de la façon dont elle est traitée par sa tyrannique patronne et par la société en général.

L’heure de la révolte a donc sonné pour Plum, alors que des hommes accusés d’agression sexuelle et laissés impunis par la justice disparaissent prématurément et elle se retrouve à la croisée des chemins, entre un mouvement radical possiblement responsable des attaques et un autre qui prêche plus en douceur l’émancipation des femmes. Critique implacable de la dictature de canons de beauté et plus largement du patriarcat, de la misogynie ou de la culture du viol, Dietland s’incrit de manière ferme dans un mouvement féministe et militant. 

La bande-annonce de la saison 1 de Dietland :

 



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