M:I-Fallout, My Lady, Happiness road : les films au cinéma cette semaine



Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT ★★★★☆ 
De Christopher McQuarrie

L’essentiel
Impressionnant jusqu’à la folie, le sixième Mission : Impossible reprend les meilleurs éléments des épisodes précédents.

Fallout, ça veut dire quoi ? Ce n’est pas seulement le titre d’une saga de jeux vidéo post-apocalyptiques à succès : fallout, c’est la retombée d’une explosion d’une bombe nucléaire (le sixième Mission : Impossible sera sans surprise une course au plutonium clandestin contre une menace atomique), mais dans le cadre du film il s’agit surtout des conséquences/retombées des actes du super-espion Ethan Hunt et de son équipe dans les épisodes précédents. 
Sylvestre Picard


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PREMIÈRE A AIMÉ

HAPPINESS ROAD ★★★☆☆
De Hsin-Yin Sung

Le titre est trompeur : de bonheur (“happiness”), il n’est question que de sa quête dans ce portrait éclaté d’une jeune femme, partagée entre deux cultures (celle de ses parents, taiwanais, et celle qu’elle s’est choisie, en Amérique), entre ses rêves fous et la morne réalité, entre le passé heureux et le présent compliqué. Plusieurs strates narratives et visuelles composent le récit, un brin décousu, qui dessinent au final une chronique douce-amère du passage à l’âge adulte, avec ses espoirs déçus, son deuil de l’enfance et la prise en main nécessaire pour s’accomplir. Avec comme subtil contrepoint à la complexité du propos une simplicité du trait (volontairement enfantin dans les scènes de souvenirs) et des tons pastel.
Christophe Narbonne

 

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

MY LADY ★★☆☆☆
De Richard Eyre

Tiré du best-seller de Ian McEwan, à qui l’on doit également l’intrigue de Reviens-moi, My Lady vaut principalement pour la performance magistralement nuancée de son actrice principale, Emma Thompson. L’actrice y est Fiona Maye, une Juge de la Haute Cour, spécialisée dans les affaires familiales. Rompue aux décisions façon jugement de Salomon, elle doit cette fois décider du sort d’un jeune témoin de Jéhovah qui refuse une transfusion qui pourrait lui sauver la vie et, en même temps, faire face à la déliquescence de son mariage. Si la réalisation de Richard Eyre ne fait rarement mieux que le téléfilm BBC moyen, l’interprétation tout en retenue et en silences pesés de l’actrice dégage une intensité qui n’est renforcée que par le jeu ardent du jeune Fionn Whitehead incarnant l’adolescent bouleversé. 
Perrine Quennesson

MARIO ★★☆☆☆
De Marcel Gisler

Footballeur professionnel en devenir, Mario tombe amoureux de Leon, le nouvel attaquant allemand de son équipe auquel il ne va pas rester longtemps insensible… Traiter de l’homosexualité dans le foot est, sur le papier, une idée passionnante. Marcel Gisler aborde cette question assez frontalement en posant les enjeux dans des scènes un peu trop explicites, sinon appuyées : le père de Mario demande à Leon s’il est sûr de la couleur jaune de sa chambre (les deux joueurs cohabitent) ; le même père s’indigne des penchants de son fils tandis que la mère « ne pense qu’à son bonheur ». Gisler a beau tacler, avec rugosité, les clubs pros et les agents de joueurs (coupables de laisser l’homophobie régner dans le foot), il a du mal à s’aventurer au-delà de l’indignation légitime que lui offre son sujet.
Christophe Narbonne


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PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

UNE FAMILLE ITALIENNE ★☆☆☆☆
De Gabriele Muccino

Repéré en 2001 avec le délicieux Juste un baiser (Prix du public à Sundance), l’italien Gabriele Muccino a dès lors beaucoup posé sa caméra Outre-Atlantique à l’invitation notamment de Will Smith (A la recherche du bonheur, 7 vies…). Avec à la clé une série de mélos sirupeux – à peine interrompue par Encore un baiser, suite ratée de son premier succès – qui donnait l’impression d’une longue et inéluctable dégringolade. Avec son grand retour sur le sol italien, on espérait le voir repartir sur de nouvelles bases. Las, quelque chose semble définitivement cassé dans la mécanique Muccino, si prompt à ses débuts à émouvoir sans verser dans le mélo sirupeux ou le grand-guignol involontaire. Son film choral suit ici les règlements de compte à l’intérieur d’une famille réunie pour les 50 ans de mariage de leurs aînés et bloquée sur une île deux jours et deux nuits à cause de la météo. Des personnages réduits à des archétypes, un jeu outré (à l’exception notable de Stefano Accorsi, le seul à apporter de la nuance) et une B.O. aussi omniprésente qu’insupportable finissent par tuer dans l’œuf le festival d’émotions que cherche à orchestrer Muccino. A l’écran, on s’agite et on crie énormément au fil de scènes dont on devine chaque rebondissement bien trop en amont. Beaucoup de bruit pour hélas pas grand-chose donc.
Thierry Cheze

LES VERSETS DE L’OUBLI ★☆☆☆☆
D’Alizera Khatami

Le traumatisme des années Pinochet n’en finit pas de hanter le cinéma chilien comme dans ce portrait d’un vieux gardien de cimetière confronté au corps inconnu d’une civile abattue par des miliciens. Il va essayer de lui rendre son identité et, par-delà, sa dignité. Les gens ne sont pas nommés (le gardien a oublié jusqu’à son nom), voire n’ont pas de visages (le héros dialogue régulièrement avec un fossoyeur dont on n’entend que la voix), dans ce qui s’apparente à une allégorie sur un peuple sacrifié et, au-delà, à une tentative de catharsis nationale. Le résultat est d’un ennui total dès lors qu’on a compris que le film n’ira pas plus loin que ses intentions affichées d’emblée.
Christophe Narbonne

 

Et aussi
Arythmie de Boris Khlebnikov

Contrôle parental de Kay Cannon
The Bacchus Lady de E. J-yong

 

Reprises
Cycle Robert Enrico
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Rétrospective Ozu





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