Tamara Vol.2 : « Un film avec une héroïne normale c’était un besoin pour le public » [INTERVIEW] – Actus Ciné


« Tamara Vol.2 », suite très attendue de « Tamara », toujours avec Héloïse Martin et Rayane Bensetti, sort en salles aujourd’hui. Le réalisateur Alexandre Castagnetti est revenu pour nous sur le succès du premier et sur les nouveautés de ce second volet.

Arnaud Borrel / UGC Distribution

AlloCiné : Tamara, sorti en 2016, était un joli film sur l’adolescence, à la fois drôle, frais, et plutôt juste dans son propos. Qu’est-ce que vous aviez envie de raconter avec cette suite, Tamara Vol.2, qui sort en salles un peu moins de deux ans après ?

Alexandre Castagnetti (réalisateur) : Dans cette suite on voulait raconter une autre époque de la vie de Tamara. Effectivement on était plutôt dans les années lycée sur le premier et là on passe un cap. Elle a eu son bac, ils ont tous eu leur bac. Et ils se retrouvent dans la vie étudiante. C’est vraiment l’entre-deux entre l’adolescence et l’âge adulte et il y a des tas de questions qui arrivent à ce moment-là. Beaucoup de liberté en plus aussi, donc ça fait un bon cocktail.

Et à travers ça on voulait raconter un tas de choses : la coloc, les conneries entre potes, les questions sur la vie professionnelle, les études, les amours, est-ce que c’est sérieux ou pas sérieux, la relation aux parents, … Des tas de choses qui arrivent à cette époque-là, aux alentours de 20 ans, qu’on a tous connues. Avec ma co-auteur, Béatrice Fournera, on avait beaucoup de choses à raconter mais les comédiens ont également mis beaucoup d’eux-mêmes dans le film. Il y a beaucoup de sincérité, beaucoup de vérité dans ce nouveau volet. On s’est un peu écarté de la BD, qui ne traitait pas de ces années-là justement, mais on retrouve quand même les personnages qui ont plu au public sur le premier.

C’était une évidence dès le départ pour vous de ne pas suivre la BD, qui continue de se passer au lycée dans ses différents tomes, et de s’intéresser plutôt à la vie étudiante des personnages ?

En fait ce qui s’est passé c’est que sur la tournée d’avants-premières du premier volet, on a reçu des témoignages hyper émouvants, vraiment très touchants de plein de jeunes filles et de mamans. On ne s’y attendait pas mais on sentait qu’il y avait quelque chose d’un peu plus fort que juste un divertissement, juste une comédie, dans ce film et dans ces personnages surtout. Le fait d’avoir une héroïne différente… Enfin, plutôt une héroïne normale en fait, et non pas une image de magazine, c’était un besoin pour le public visiblement. Donc j’avais envie de suivre ce personnage dans son évolution, et non pas de faire un bis. De toute façon ils ont tous évolué, Héloïse Martin, Rayane Bensetti, et tous les autres. Donc nous voulions vraiment montrer leur vie trois ans plus tard. Je n’ai pas beaucoup hésité mais j’ai évidemment demandé la permission à Zidrou et Darasse, les auteurs, et à Louise Darasse qui est la nouvelle scénariste, de faire cette nouvelle petite évolution du personnage et comme ce sont des gens adorables ils m’ont dit « Vas-y ». Et maintenant ça les inspire même pour la suite en bande-dessinée.

Le film parle beaucoup des réseaux sociaux, d’Instagram, des influenceurs, et de la course aux like et aux followers. Quel regard portez-vous sur cette « génération Instagram » ?

C’est difficile de porter un regard, mais en tout cas je constate des choses que je n’ai pas vécues. Notamment cette obsession d’avoir une sorte de cour de followers, d’être reconnu sur un média, comme si on était tous des acteurs ou des présentateurs télé. Tout le monde a son petit audimat désormais. C’est une pression en plus, à tout moment de la journée. Il y a une vie parallèle et il y a même maintenant, c’est ce dont on traite dans le film, un vrai potentiel professionnel. On peut faire de sa vie un moyen de gagner de l’argent. C’est un peu, je pense, ce qu’avait inventé Kim Kardashian en son temps et aujourd’hui tout le monde peut le faire.

Bernard Barbereau /UGC Distribution

Même si quasiment tous les acteurs du premier sont de retour, ce deuxième volet de Tamara accueille aussi beaucoup de nouveaux comédiens, dont Idrissa Hanrot, Manon Azem, et Karidja Touré. C’est les hasards du casting ou vous aviez une vraie envie de travailler avec eux ?

Il y a beaucoup de comédiens que j’ai appelé parce que je voulais travailler avec eux. Et j’ai même beaucoup amené de comédiens que j’avais rencontré auparavant. Je pense par exemple à Karidja Touré, Oussama Kheddam, et Noémie Chicheportiche, qui sont des gens avec qui j’avais travaillé sur La Colle. Ce sont trois comédiens que je trouve très talentueux et que j’avais envie de revoir. J’ai même écrit les rôles en pensant à eux. Oussama Kheddam, qui joue le personnage un peu trublion de la coloc, j’ai écrit en pensant à lui. Je voulais qu’il soit là, je le trouve génial. Karidja, elle est un peu comme ça dans la vie . Elle est très active sur Instagram et elle est toujours dans des tenues impeccables, magnifiques, donc j’ai tout de suite pensé à elle. Idrissa Hanrot je le connais depuis qu’il a 18 ans. Et Manon Azem je l’avais vue dans une série et je voulais travailler avec elle sur La Colle mais ça n’avait pas pu se faire. Finalement, quasiment tout le monde, je les connaissais déjà et j’ai juste eu à les appeler. J’ai été très gâté sur le casting de ce volume 2.

Et Annie Cordy et Nikos Aliagas, qui fait un caméo dans le film, ça a été compliqué de les convaincre ?

Non, c’était pas du tout compliqué. Ils ont été ravis qu’on les appelle pour un film comme ça, très frais, très jeune. Avec beaucoup de sincérité dans le propos. Ils étaient ravis de s’associer à ça. D’ailleurs, le personnage d’Annie Cordy, c’est pareil, c’est un peu elle. Il y a un passage que les gens ne verront pas dans le film car il était trop long au tournage où elle raconte sa propre vie à Tamara et à sa copine Sam qui viennent de débarquer à Paris en tant que provinciales. Et elle leur dit « Moi j’ai vécu la même chose, je suis arrivée à Paris à 20 ans, il y a 70 ans, en tant que meneuse du Lido. J’arrivais de ma petite Belgique ». Et elle leur montrait des photos au mur qui étaient ses vraies photos. C’était hyper chouette d’avoir ce passage de relais (…) On va le mettre dans le DVD car on ne pouvait pas couper Annie quand elle parlait mais c’était un peu long pour le film.

Oulaya Amamra, qui incarnait Jelilah, la meilleure amie de Tamara, dans le premier volet, n’est pas de retour dans la suite. Elle n’a pas souhaité rempiler ?

Non, elle était d’accord pour faire le film mais elle fait une formation assez exigeante, le Conservatoire d’art dramatique, qui ne permet pas aux élèves de faire trop de tournages, car sinon ils ne suivent pas le cursus. Donc malheureusement elle ne pouvait pas accepter pour une question de calendrier mais elle était très partante. Et j’espère qu’on va se retrouver bientôt car là encore c’est une belle rencontre. Un très, très grand talent.

Vous pensez déjà à un éventuel Tamara Vol.3 ?

En fait il se trouve qu’on est en train de faire une tournée d’avants-premières et c’est incroyable, on reçoit énormément d’amour. Le public est assez dithyrambique avec nous. Les gens ont envie de revoir Tamara, de suivre ses aventures. Et à chaque projection on nous demande de faire un troisième volet. Evidemment ça fait super plaisir, mais si on fait un troisième, et je dis bien « si » car ça dépend aussi du succès, il faudrait qu’il y ait une bonne histoire et qu’on parle encore de quelque chose de différent. Ce qui m’a donné envie de faire ce volume 2 ce sont les témoignages du public et aussi ce que j’avais en mémoire de souvenirs de cinéma. Je pense aux trilogies ou quadrilogies de Klapisch ou de Truffaut, sans me comparer à eux bien sûr. Mais j’aime le côté où l’on suit des personnages comme ça sur des années et des années et les voir changer sur chaque film. Ne pas faire de bis repetita. Se dire « Comment ils vont devenir sur le prochain film ? ».

Donc s’il y a un troisième volet, je veux vraiment qu’on raconte une nouvelle phase de la vie de Tamara et de ses amis. Qu’on grandisse ensemble, avec le public. Et là je pense que ce sera un vrai bonheur de pouvoir faire encore un volet.

La bande-annonce de Tamara Vol.2, en salles ce mercredi :

 



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